Aslim Taslam

 

- N°26 Février 2003 -- N°81 Novembre 2009 -

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Perspectives

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Le rêve de la Mecque et de Médine

 

 

Dieu a dit :

« La première Maison qui ait été édifiée pour les gens, c’est bien celle de Bakka (la Mecque) bénie et une bonne direction pour l’univers. »
Sourate 3, Al ’Imran, verset 96

Et Il ajoute :

« Là sont des signes évidents, parmi lesquels l’endroit où Abraham s’est tenu debout ; et quiconque y entre est en sécurité. Et c’est un devoir envers Allah pour les gens qui ont les moyens, d’aller faire le pèlerinage de la Maison. Et quiconque ne croit pas... Allah se passe largement des mondes. »
Sourate 3, Al ’Imran, verset 97

D’après Abû Hurayra (Que Dieu soit satisfait de lui), l’Envoyé d’Allah saws a dit : « La Oumra efface les péchés commis dans l’intervalle la séparant d’une autre, et le Hajj pieusement accompli n’aura d’autre récompense que le Paradis ». (Mouslim)

Toujours, d’après Abû Hurayra (Que Dieu soit satisfait de lui), l’Envoyé d’Allah saws a dit : « Quiconque se rend à cette Maison (avec l’intention d’accomplir le Hajj) et s’abstient de dire des obscénités ou de commettre d’actes impudiques, reviendra (absous des péchés) tel qu’il était le jour où sa mère l’avais mis au monde ». (Mouslim)

Alors, comment ne pas cultiver dans son for intérieur, le désir de poser une fois dans sa vie le pied dans les terres saintes de la Mecque et de Médine ?

Des lieux visant à purifier l’âme de ses souillures et de ses péchés pour devenir digne de la Grâce divine sur terre et dans l’au-delà.

image 180 x 122 (JPEG) La Mecque bénéficie d’une protection divine, c’est une terre sacrée jusqu’au jour de la Résurrection. D’après Ibn Abbâs (Que Dieu soit satisfait de lui), l’Envoyé d’Allah saws a dit au jour de la prise de La Mecque : « Désormais, il n’y aura pas lieu à l’émigration, mais plutôt un combat et une intention. Et si l’on vous invite au djihad, prenez-y part ». Il ajouta encore au jour de la prise de La Mecque : « Ce pays, Allah l’a rendu sacré, le jour où Il a créé les cieux et la terre. Ce territoire restera sacré par l’ordre d’Allah jusqu’au Jour de la Résurrection. Il n’a été permis à personne avant moi d’y livrer combat et la durée de cette autorisation ne dépasse pas un certain laps de temps. Ce territoire restera sacré par l’ordre d’Allah jusqu’au Jour de la Résurrection. On ne doit pas couper ses épines, ni effaroucher son gibier, ni ramasser les objets trouvés à moins que ce ne soit pour les rendre à leurs propriétaires, ni arracher ses herbes fraîches ». Al-Abbâs lui dit alors : « Ô Envoyé d’Allah ! Fais une exception pour l’Idhkhir (plante de la famille des graminées à odeur aromatique) qu’on emploie dans certaines industries (telles : l’orfèvrerie et les forges) et dans les maisons ». - « Excepté l’Idhkhir », ajouta-t-il. (Mouslim)

Il est permis d’y aller plusieurs fois. Le Prophète saws a dit : Le pèlerinage est prescrit pour une fois dans la vie. Qui l’accomplit plus d’une fois aura fait un acte surérogatoire. (Abou Daoud & Ahmed)

Dieu dit :

« Annonce aux hommes le Pèlerinage. Ils viendront à toi, à pied ou (montés) sur des chameaux aux flancs caves, arrivant de contrées éloignées. Afin qu’ils soient eux-mêmes témoins des avantages qu’ils en recueilleront, et afin qu’ils répètent le nom d’Allah, à des jours fixes, sur les bêtes de troupeaux qu’Allah leur a attribuées, "Mangez-en et nourrissez-en le pauvre, le malheureux. Puis qu’ils donnent leurs soins au corps ! Qu’ils s’acquittent de leurs vœux et qu’ils accomplissent les circuits (tawâf) autour de l’Antique Maison". »
Sourate 22, Al Hajj (le pèlerinage), versets 27-29

Le pèlerinage est bien une obligation pour tout musulman capable de l’accomplir une fois dans sa vie.

La ville de Médine a une place de choix elle aussi, dans le cœur de notre prophète Bien-Aimé saws.

D’après Abd-Allah ibn Zayd ibn Asim (Que Dieu soit satisfait de lui), l’Envoyé d’Allah saws a dit : « Abraham (Ibrâhîm) a déclaré La Mecque sacrée et a invoqué Allah en faveur de ses habitants, et moi j’ai déclaré sacrée Médine comme Abraham (Ibrâhîm) avait déclaré sacrée La Mecque et j’ai prié pour que son sâ [1] et son mudd [2] soient doublement bénis, comme avait prié Abraham (Ibrâhîm) pour les habitants de La Mecque ». (Mouslim)

La Kâaba, une maison sacrée

image 138 x 180 (JPEG) Cette bâtisse cubique (haute de 15 mètres et d’environ 12 mètres sur 13 mètres) est la première maison bâtie sur terre par l’homme pour adorer Dieu. Ce divin monument, ce trésor historique situé dans la ville fantastique est nommé aujourd’hui « La mère des cités ». Elle donna naissance au Sceau des Prophètes, le plus grand des humains, le Sauveur Mohamed, l’Envoyé d’Allah saws. Dans sa forme actuelle, la Kâaba est le résultat de transformations successives tout en conservant sa fondation. Parmi ses travaux de reconstruction, nous pouvons noter ceux d’Abraham (Que le salut de Dieu soit sur lui) (1950 avant JC), ceux faits après le déluge du temps du prophète Noé (Que le salut de Dieu soit sur lui) et ceux faits après le conflit d’Abdoulaye Ibn-Zoubeir et ses partisans qui s’y étaient retranchés. Ce bâtiment fait de ciment et de briques se trouve au milieu d’une cour vaste et quadrilatère dans la Mecque. C’est la Maison sacrée offerte à Dieu sur terre, offerte par Adam (Que le salut de Dieu soit sur lui), père du genre humain. Elle fut, au début, construite de ses mains. Cet hommage concret, ce grand bloc de ciment, constitue à ce jour le seul vrai monument, qui glorifie Dieu Tout-Puissant d’un vibrant témoignage, et qui reste debout à travers tous les âges et les siècles. Pendant le grand déluge il fut presque détruit, mais quelques temps après il fut bien reconstruit par le très digne Abraham (Que le salut de Dieu soit sur lui), le Patriarche pur, fondateur de l’Islam. C’est l’unique point de la terre où les fidèles concentrent toutes leurs pensées spirituelles, comme les veines qui, donnent au cœur, le sang pour irriguer le corps avec son flot puissant. Les croyants tournent leurs têtes vers ce coté, la « Qibla » pour prier l’Eternel en toute humilité. Dans l’angle de ce Temple notoire, se trouve scellé la célèbre pierre noire, tombée du Paradis, donnée par Gabriel (Que le salut de Dieu soit sur lui) au Prophète Abraham et à son fils Ismaël (Que le salut de Dieu soit sur eux), qui la placèrent là à la portée des gens, où elle est enchâssée dans un cercle d’argent. A l’époque elle était blanche comme le lait, Mais tous les pèlerins, depuis longtemps, allaient, pour implorer le pardon, l’embrasser, la toucher, la rendre noire par d’innombrables péchés.

L’eau « Zem-Zem »

Tout proche de la Kâaba, on voit le fameux puits, où l’eau miraculeuse avait jailli jadis pour sauver de la soif Ismaël et sa mère Hajar (Que le salut de Dieu soit sur eux). Dieu ne libéra cette eau de sous la terre, que lorsqu’il reconnut les efforts de Hajar (Que le salut de Dieu soit sur elle), qui courait en tous sens pour chercher du secours. Cette eau est une source de vie, un miracle parmi tant d’autres, qui ne cessera de couler jusqu’au jour où Dieu décidera de la couper.

Le parcours entre As-Safa et Al-Marwa

C’est par le récit d’Hajar (Que le salut de Dieu soit sur elle), que nous comprenons les mérites de parcourir un trajet de sept fois entre As-Safa et Al-Marwa, dans un esprit de dévotion lors du pélerinage. Dieu l’a prescrit dans le Coran :

« As-Safa et Al-Marwa sont vraiment parmi les lieux sacrés de Dieu. Donc quiconque fait le pèlerinage à la Maison ou fait la Oumra ne commet pas de péché en faisant le va-et-vient entre ces deux monts. Et quiconque fait de son propre gré une bonne oeuvre, alors Dieu est Reconnaissant, Omniscient. »
Sourate 2, Al Baqarah (La vache), verset 158

Sur les traces des pieux, sur la voie de Dieu

Aller à la Mecque et à Médine, c’est se rendre dans un lieu concret, avec ses moyens, ses pieds, son cœur et son âme. Effectuer le pèlerinage est un véritable retour aux sources sur les traces des premiers hommes de l’Islam. C’est marcher autour de la Kaaba, parcourir l’espace entre les monts As-Safa et Al-Marwa, boire l’eau du puits millénaire de Zem-zem en implorant le Pardon de Dieu, en songeant à Adam, à Ibrahim, à Ismaïl, à Hajar, à Mohammad (Paix et Bénédictions de Dieu soient sur eux) afin de témoigner de cet Amour pour Dieu en faisant les mêmes actes que ces illustres personnages. Dieu a dit :

« Ô les croyants ! Craignez Allah comme Il doit être craint. Et ne mourez qu’en pleine soumission. »
Sourate 3, Al ’Imran, verset 102

Etre musulman, ce n’est pas seulement se parfaire à un certain nombre de règles. Ce n’est pas accomplir ces règles de façon méticuleuse, mais sans profondeur. Etre musulman, c’est tourner son amour vers l’Etre Suprême dans la soumission la plus parfaite. L’être musulman accomplit consciencieusement ses prières quotidiennes, sa lecture du Coran, ses invocations de circonstances, s’acquitte des aumônes, accomplit son mois de jeûne et accomplit son Hadj dans la crainte, dans l’amour du Tout-Puissant, et il n’y a nulle crainte pour celui qui choisit fermement cette voie. Dieu a dit :

« A ceux qui croient et font de bonnes œuvres, le Tout Miséricordieux accordera Son amour. »
Sourate 19, Maryam (Marie), verset 96

Selon Anas ibn Mâlik (Que Dieu soit satisfait de lui), le Prophète saws a dit : « Il en est trois qualités, quiconque les possède, saura savourer la douceur de la foi : vouer un amour exclusif à Allah et à son Envoyé, si l’on aime quelqu’un d’autre, qu’il ne sera que par amour d’Allah, enfin de redouter le retour à l’incrédulité -condition de laquelle on a été sauvé par Allah comme on redoute d’être précipité en Enfer ».(Mouslim).

Puisse Allah Tâala, permettre à chaque musulman, de réaliser et profiter des bienfaits du pèlerinage, dans une ambiance fraternelle, pieuse et unique qui règne seulement autour de la Kâaba et de la mosquée du Prophète (Paix et Bénédiction de Dieu soient sur lui). Ces lieux saints de l’Islam qui ont été les témoins des actes de dévotion d’Abraham, Ismaël (Que le Salut de Dieu soit sur eux) et Mohammed saws).



[1] sâ : mesure médinoise de grains équivalent à 4 mudd

[2] mudd : mesure médinoise de grains équivalent au contenu de 2 poignées ou à un quart de Sâ à peu près

 

Sawsan R.
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